WOID #XIV-17. New York Rising, and Going Back to Bed / New York se lève, et se recouche aussitôt

Strike one for the working guy. If the Masters of the Universe (New York's mayor, New York State, the bosses, Wall Street and the lumpenbobos) thought this was going to be "1980 Transit Strike, II" they've been disappointed.

Nineteen-eighty: good little New Yorkers crossing the Brooklyn Bridge, Job über Alles, with the Mayor playing Right-to-Work Guiding the people, not so sexy, though. much in the sexiness department, though.

This time: nothing. Deserted streets. My post office closed. Passersby seem happy enough to not have much to do. And the Big Mike-a-Mike over the airwaves, talking about the immorality of a strike, about those poor New Yorkers who make only twenty to thirty thou a year. That's the multibillionaire, Mike Bloomberg.

As if it was about money. The MTA, the more-or-less public authority that runs the greatest public transport system in America, has a huge surplus. The point is to beat back the workers, all workers: pushing back retirement, cutting back benefits for new hires, and so forth. For Wall Street and the Fed it's about holding down inflation at all cost except to oneself: to keep the dollar low and the Arabs and French (the rich ones of course) buying up America. And it's being done on the worker's back, and it's been going on in New York already, with shameful contracts signed by the public school teachers and municipal employees, though not yet for the public universities, which have been without a contract for over three years.

We shall see...

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Manche Une pour les prolos. Si les Maîtres de l'Univers (le maire de New York, l'Administration de l'Etat de New York, le patronat, Wall Street et tous les bobos du monde) s'imaginaient une nouvelle version de la grève des transports à New York comme en 1980, ils ont été déçus.

1980, c'était les bons petits travailleurs traversant de Pont de Brooklyn à pied, le boulot avant tout, et le Maire jouant la Liberté de Travail guidant le Peuple, pas aussi joli les seins nus tout de même.

Cette fois : personne. Les rues sont désertes. Le bureau de poste est fermé. Les passants ont l'air assez contents de ne pas avoir trop à faire pour une fois. Et le maire, Mike Bloomberg, tonitrue sur les ondes, il parle de l'immoralité des grévistes, lui. Il parle des pauvres New-Yorkais qui n'auront pas de boulot aujourd'hui, ceux qui ne font que vingt à 30.000 dollars par ans. Bloomberg le multizillionaire, il sympathise, c'est gentil, ça lui va mal.

Comme s'il s'agissait d'argent. Le MTA, le service quasi-public qui dirige le plus grand réseau de transports aux USA (7 millions de voyageurs par jour) a un surplus fiscal énorme. Mais il s'agit surtout d'en montrer aux travailleurs, à tous les travailleurs : extension de l'age de la retraite, diminution des bénéfices pour les nouvelles embauches, etc. Pour Wall Street et la Fed il s'agit surtout d'éviter l'inflation à tout prix, sinon le dollar grimpe et les Arabes et les Français (ceux du Faubourg Saint-Honoré, bien sûr) ne mettent plus leurs investissements aux USA. Donc ça se fait sur le dos des travailleurs, et ça s'est fait déjà à New York, avec des contrats de travail infamants qu'on a fait avaler cette année aux profs de primaire, aux employés municipaux, mais pas aux profs des universités publiques, qui travaillent sans contrat et sans hausse de salaire depuis plus de trois ans.

Voyons ce que ça donne...