4 janvier 2018
Il est quatre heures du matin
S'entraîner si tôt, c'est pas malin
La marche athlétique
Depuis presque 40 ans que je pratique
Je sors de chez ma mère
Si l'on pouvait prévoir, tout refaire
Le sol est glissant
Et à un feu rouge, un chauffard, comme un guet-apens
Et sur un sol incertain, l'évitant
Sur le bitume, je tombe lourdement
Mon genou gauche tout prenant
Et je retombe en me relevant
Deux voitures passent mais aucun passager n'aidant
Et je souffre atrocement
Et revenant chez ma mère presque en rampant
Un calvaire, souffrant le martyre
La douleur est à hurler, il faut le dire
Puis SOS médecin
L'ambulance, la radio, cela va être vilain
La rotule gauche cassée en deux, ouverte, je m'en doutais bien
C'est arrivé à Courbevoie, d'un hôpital l'autre
Qui dans un manque de budget se vautre
Neuilly ou Franco-Britannique
Comme partout, pour soigner les gens, plus de fric
Et le 5 janvier, à peine opéré
Il faut vous casser
Prendre une décision d'hébergement dans l'extrême urgence
Pour l'anxiété, cela n'est pas les vacances
Il faut un endroit où l'on puisse vous aider
Manger, boire, uriner, se laver, les courses, déféquer
Une bouffe donnant envie de grève de la faim, ô malheur
Cantines, hôpitaux, prisons, maisons de retraite, souvent un même fournisseur
C'était le jour de mon anniversaire
Vraiment, il faut le faire
Et puis, tout suinte l'inhumanité
Dans le milieu hospitalier
Vous êtes un numéro, vous êtes déjà hors la société
C'est honteux, c'est scandaleux, à vous de vous démerder
Mais tout est ainsi
Le capitalisme est pire que nazi
Donc, j'en ai pour plusieurs semaines
Soins journaliers, il faut que dans la jungle administrative, je me démène
J'épargne bien des détails
Même le filet serré aurait trop de mailles
De l'infirmier homosexuel, qui profitant de votre désarroi
Vous nettoyant l'appareil génital, se prenant pour le roi
Et puis, il faut bannir les escaliers extérieurs
Ou privilégier tout ascenseur
Moi l'aidant de ma mère, à mon tour, je deviens aidé
La vie sait faire des pieds de nez
Certes, vivre, c'est de la sapience
Certes, vivre, c'est de la patience
Me voilà, handicapé, me voilà dans l'infirmité
Tout béquillé, sur une seule jambe, il faut s'appuyer
Tout ce qui peut nous arriver
Dans le monde, certes, est d'une grande banalité
Vivement que je puisse remarcher
Pas de quoi verser une larme
Le monde est en guerre, le monde est une arme
Le capitalisme étant l'inhumanité
C'est devenu la normalité
Plus aucun ou presque, civisme, absence de solidarité
En toutes choses, plus aucune sensibilité
Tout y est souffrance refoulée
Surtout dans l'agonie, il faut bien aller
Toute une logique d'un monde marchand
Il faut tirer le premier, comme seul évident !

Patrice Faubert ( 2018 ) puète, peuète, pouète, paraphysicien (  http://patrice.faubert.over-blog.com/ ) Pat dit l'invité sur " hiway.fr "

January 4, 2018
It is four o'clock in the morning
Training so early is not smart
Athletic walking
For almost 40 years I practice
I'm leaving my mother's house
If we could predict, redo everything
The soil is slippery
And at a traffic light, a driver, like an ambush
And on an uncertain soil, avoiding it
On the bitumen, I fall heavily
My left knee taking everything
And I fall back to me
Two cars pass but no passenger helping
And I suffer terribly
And coming back to my mother's house almost crawling
Calvary, suffering martyrdom
The pain is screaming, it must be said
Then SOS doctor
The ambulance, the radio, it's going to be naughty
The left kneecap broke in two, open, I suspected it well
It happened in Courbevoie, from one hospital to another
Who in a lack of budget is wallowing
Neuilly or Franco-British
Like everywhere, to treat people, more money
And on January 5th, barely operated
You have to break
Make an accommodation decision in the utmost urgency
For anxiety, this is not the holidays
We need a place where we can help you
Eat, drink, urinate, wash, errands, defecate
A food that makes you want to strike hunger, oh woe
Canteens, hospitals, prisons, retirement homes, often the same provider
It was my birthday
Really, you have to do it
And then, everything oozes inhumanity
In the hospital environment
You are a number, you are already out of society
It's shameful, outrageous, it's up to you
But everything is so
Capitalism is worse than Nazi
So, I have for several weeks
Daily care, it is necessary that in the administrative jungle, I struggle
I spare a lot of details
Even the tight net would have too many meshes
Homosexual nurse, taking advantage of your dismay
You cleansing the genital tract, taking yourself for the king
And then, you have to ban the outdoor stairs
Or favor any elevator
Me helping my mother, in turn, I get help
Life knows how to make a foothold
Certainly, to live is wisdom
Of course, living is patience
Here I am, handicapped, here I am in the infirmity
While standing on one leg, you have to lean
All that can happen to us
In the world, of course, is of great banality
I can walk again
Not enough to shed a tear
The world is at war, the world is a weapon
Capitalism being inhumanity
It became normality
No more or almost nothing, civism, lack of solidarity
In all things, no more sensibility
Everything is repressed suffering
Especially in agony, you have to go well
A whole logic of a merchant world
We must shoot first, as the only obvious!

Patrice Faubert (2018) puète, peuète, pouete, paraphysicien ( http://patrice.faubert.over-blog.com/) Pat says the guest on hiway.fr "